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LABORATOIRE
DE PHARMACOGNOSIE Le
musée de matière médicale Collections du Laboratoire de Pharmacognosie de la Faculté de Pharmacie de l’Université Paris 5
Le
"Musée de Matière Médicale" regroupe les collections du Laboratoire
de Pharmacognosie de l’Université René Descartes. Il comprend actuellement
environ 25 000 échantillons de drogues végétales et animales et d'objets
associés à leur production, leur transport, leur commerce et leurs emplois. En pharmacie, on
entend par "drogue", toute substance naturelle conservée par
séchage destinée à la préparation de médicaments.
HISTORIQUE Le
"Musée de Matière médicale de la Faculté de Pharmacie de Paris" a
été installé en 1882 dans ses locaux actuels de l'avenue de l'Observatoire
lorsque la nouvelle École Supérieure de Pharmacie a remplacé l'École de la
rue de l'Arbalète, mais une partie de ses collections est bien antérieure. En
effet, dès 1763, dans le cabinet d'histoire naturelle de la rue de
l'Arbalète, une première collection permanente des drogues usuelles apparaît.
Ses échantillons sont destinés à illustrer l'enseignement de l'histoire
naturelle dispensé aux futurs pharmaciens. Les collections s’étoffent ensuite
régulièrement, à partir du début du XIXème siècle, grâce au
développement des voyages et du commerce. De nombreux échantillons provenant
des expositions universelles, notamment de 1855, 1867, 1878 et 1889 à Paris,
sont introduits aux collections. Le Musée ne sert plus alors uniquement à
l'enseignement, il devient le dépositaire d'échantillons de référence et un
instrument de travail pour les chercheurs. Dans la première moitié du XXème
siècle, sous l'influence du professeur Emile Perrot qui dirige le Laboratoire
de 1900 à 1937, le musée s'enrichit considérablement, notamment de drogues de
la France d'outre-mer et des colonies françaises. À la collection générale,
par ordre botanique, sont adjointes des collections géographiques, afin de ne
pas disperser les échantillons provenant des nouvelles expositions
universelles et coloniales (Paris en 1900 et 1931, Marseille en 1906 et 1922,
Bruxelles en 1910…), d’expéditions scientifiques (Mission Laffitte en 1937,
Mission Kerharo-Bouquet en 1946-1948…), de collaborations ou d’échanges
suivis entre le Laboratoire et des Universités ou instituts de recherche
étrangers ou encore de dons d’anciens élèves du Laboratoire. Plus récemment,
des collections monographiques, groupant les échantillons suivant leurs
constituants principaux ou leur usage, ont été créées dans un but
pédagogique : plantes à caféine, poisons de flèches (curares et
cardiotoniques), quinquinas, caoutchoucs…. Actuellement, les collections
s'enrichissent grâce à des dépôts réguliers d'échantillons effectués par
divers instituts de recherche (I.RD., Institut de Chimie des Substances
Naturelles du C.N.R.S.) et suite aux accords de collaboration du Laboratoire
avec de nombreuses universités étrangères (Italie, Grèce, Algérie, Thaïlande,
Viêt-Nam, Madagascar, Cameroun...). De nouvelles vitrines monographiques
présentent désormais les produits d’origine naturelle à activités
veinotonique, antigoutteuse, anticancéreuse
CURARES LES COLLECTIONS COLLECTION GÉNÉRALE Elle est
constituée d’environ 8000 échantillons, de drogues végétales, pour la plupart
d’origine commerciale, présentés dans l'ordre des familles botaniques, selon
la classification de Bentham et Hooker, utilisée lors de l’installation des
collections dans les locaux actuels en 1882, aujourd’hui désuète, mais
consevée pour des raisons de commodité (numérotation de l’inventaire des
échantillons). COLLECTION GUIBOURT D’intérêt
essentiellement historique, elle réunit plus de 1300 échantillons de drogues
anciennes, datant pour l’essentiel du XVIIème, du XVIIIème
et de la première moitié du XIXème siècle. Réorganisée par
Planchon, professeur de matière médicale de 1867 à 1900, elle est à l’origine
même du Musée et comporte nombre de pièces issues soit du Cabinet d'Histoire
Naturelle et du Jardin du Roi, soit de droguiers historiques illustres :
Baumé, Handbury, Balansa. COLLECTIONS GÉOGRAPHIQUES Les Collections d’Asie et d’Orient
comportent plus de 3500 échantillons au total. La collection de la Chine est
une des plus remarquables. Elle a été constituée à l’origine par des
échantillons provenant de l'Exposition universelle de 1889, puis complétée
par des drogues rapportées en 1946 par le père J. Roi des Missions
Catholiques et, plus récemment, par des dons d’anciens étudiants du Laboratoire
en poste dans ce pays. Elle comporte notamment de nombreux spécimens anciens
et actuels de ginseng, des produits d'origine animale (hippocampes,
myriapodes, oothèques de mantes religieuses, cornes de cervidés, etc.), des
tableaux d'acupuncture et des josticks. Les collections d’Indochine
(Viêt-Nam, Cambodge, Laos, Thaïlande et Malaisie) ont trouvé leur origine
lors des Expositions de Marseille en 1906 et 1922. De nombreux échantillons
proviennent également de l'Exposition coloniale de 1931 à Paris. Elles sont
actuellement enrichies grâce aux collaborations de l’Université Paris 5 avec
différentes universités en Thaïlande et aux accords unissant le Laboratoire
de Pharmacognosie et l’Institut de Chimie des Substances Naturelles du
C.N.R.S. au Centre National des Sciences Naturelles et de la Technologie du Viêt-Nam
(C.N.S.T., Hanoi). La majeure partie de la collection du Japon provient de
dons du Pr. S. Shibata (Institut Pharmaceutique de Tokyo, 1958). On y trouve
aussi une maquette des appareils servant à préparer l'agar-agar, provenant de
l'Exposition de Bruxelles en 1910. La collection de Turquie comprend de
nombreux échantillons anciens de "drogues de l'Empire ottoman".
Beaucoup sont des envois des pharmacien-chefs de l'armée ottomane, les
docteurs Georges Della Sudda, père et fils, qui effectuèrent leurs thèses au
Laboratoire et furent les premiers chrétiens à recevoir le titre de bey. Les Collections d’Afrique et de Madagascar comportent
environ 5000 échantillons. L'importante collection de Madagascar comprend une
partie de la collection Boiteau, fondateur du Jardin Botanique de Tzimbazaza
à Antananarivo. Les drogues de la Réunion et de l'Île Maurice proviennent
pour beaucoup de l'Exposition universelle de 1878 et de la Collection
Bocquillon-Limousin. Les Collections d’Amérique représentent environ 2000
échantillons. L'Amérique du Nord est représentée en particulier par des
échantillons des Etats-Unis provenant d’un échange avec le Philadelphia College of Pharmacy à la
fin du XIXème siècle. L'Amérique centrale compte une belle
collection de drogues de San Salvador
provenant des Expositions de 1878 et surtout de 1889. La Guyane est
largement représentée par des échantillons fournis, depuis 1960, par l’O.R.S.T.O.M.,
devenu I.R.D. ; beaucoup de ces drogues ont été étudiées au Laboratoire.
L'Amérique du Sud compte notamment des drogues d'Argentine (Exposition de
1889), de Bolivie (Exposition de 1889) et surtout du Brésil (Expositions de
Paris en 1889 et de Bruxelles en 1910). Il convient également de signaler la
Collection de la Nouvelle-Grenade (Colombie) de José Triana, médaille d'or de
l'exposition de 1867. Les Collections d’Océanie
comprennent notamment plusieurs centaines d'échantillons provenant de
Nouvelle-Calédonie, grâce à la collaboration poursuivie depuis une trentaine
d’années avec la Mission C.N.R.S. à Nouméa dirigée par le Dr. Thierry Sévenet
. COLLECTIONS PAR MONOGRAPHIES. Ce sont
certainement les plus attrayantes pour le profane. Près de l'entrée du Musée,
se trouvent des vitrines consacrées aux épices (poivres, girofle, piments et
surtout vanilles et cannelles), aux plantes à caféine : maté (avec les
"bombillas", chalumeaux servant à aspirer le breuvage contenu dans
les calebasses), kolas diverses, guaranas (avec d'intéressants moulages
anciens en forme d'animaux ou de cavaliers et une langue d’un poisson
carnivore, le pirarucu, servant à râper le guarana), cacao, thé et café. On
peut admirer, dans la vitrine consacrée aux caoutchoucs et guttas, des
cavaliers moulés dans un caoutchouc antérieur à la vulcanisation. Dans la
collection de produits de matière médicale animale figurent de beaux
spécimens de castoréum, musc, ambre et civette. Dans la "Pagode",
meuble-vitrine central hérité de l'Exposition Universelle de 1889, figure
la collection de quinquinas.
QUINQUINAS Celle-ci
contient l’échantillon ayant permis à Pelletier et Caventou de découvrir la
quinine en 1820, ainsi que deux surons, sacs de cuir dans lesquels, jusque
vers 1850, les écorces de quinquinas sauvages, récoltées dans la Cordillère
des Andes, étaient ramenées à la côte, pour y être expédiées par bateau en
Europe. Les poisons
de flèches occupent tout un panneau de la Pagode. Les poisons d’origine
africaine sont des cardiotoniques cardiotoxiques, représentés par des fruits
et des graines de Strophanthus
(notamment la collection de Reichstein qui réalisa la première hémisynthèse
de la cortisone) et par des écorces d’Akokanthera
et d'Erythrophleum. Les curares
sud-américains, dont une remarquable collection est rassemblée, sont, pour
certains, contemporains de Claude Bernard : curares en tubes, en pots et en
calebasses. Ces curares sont accompagnés, de flèches, d’une sarbacane et
d'ornements de sorciers provenant de la Mission franco-vénézuélienne de 1951.
PAGODE Maj : septembre 2006 |